Quelle école pour tous ?
Lucile Schmid, candidate du parti socialiste à l'élection législative, et Laurent Pieuchot, son suppléant, avaient invité, hier soir, les citoyens de Vanves et d'Issy-les-Moulineaux, à participer à un grand débat sur le thème « Quelle école pour tous ? » Même s’il y avait beaucoup d’enseignants dans l’assistance, de la primaire aux classes préparatoires, je n’ai pas trouvé que « nous nous faisions plaisir », comme le disait un observateur fidèle de nos rencontres.
A vous de juger!
On a rappelé les avantages du système français, comparé à ceux d’autres pays, et notamment les Etats-Unis :
- la gratuité ;
- l’école maternelle pour tous les enfants, dès 3 ans, bien que cela ne soit pas obligatoire ;
- la création des ZEP, pour tenter de rétablir l’équité entre les élèves;
- le projet d’établissement ;
- l’introduction des cycles dans le primaire afin de réduire les redoublements ;
- la prise en compte dans le socle commun des connaissances des notions de citoyenneté et d’autonomie…
Autant de dispositifs qui font que nous devrions être fiers de notre école !
Malgré cela, le sentiment que les choses ne vont pas comme elles le devraient :
- pourquoi l’enseignement professionnel est-il majoritairement suivi par les élèves des milieux les moins favorisés ?
- pourquoi y a-t-il si peu de passerelles entre ces formations et l’enseignement général ?
- la formation des enseignants est-elle adaptée, notamment en ce qui concerne la psychologie à l’égard des élèves ?
- pourquoi des parents choisissent-ils le privé et est-ce normal que nos impôts aillent à des établissements qui ne prennent que les meilleurs élèves ?
- la carte scolaire est-elle adaptée ? ne faut-il pas mettre en place des bus comme les Etats-Unis l’avaient fait afin de mélanger les élèves de quartiers différents ?
- l’enfant est-il réellement au cœur du dispositif comme certains textes pourraient le laisser croire ?
- pourquoi les dispositifs en direction de l’intégration des enfants souffrant de handicaps sont-ils si longs à mettre en place ?
- la décentralisation n’aggrave t’elle pas les inégalités de moyens entre les écoles ?
- l’égalité des chances n’est-elle pas un leurre, quand on voit tant d’enfants notamment issus de l’immigration en échec (ce qui ne signifie pas que certains d’entre eux ne réussissent pas) ?
Au terme de ces débats, qui donneront lieu à un compte-rendu, le sentiment que j’ai éprouvé, c’est que comme toujours, nous savons établir des diagnostics : l’école est inégalitaire. Mais elle l’était déjà, dès la troisième République, lorsqu’elle devint obligatoire et gratuite. Elle l’est encore plus aujourd’hui et les inégalités ne cessent de s’accroître, plus destructrices.
J’ai eu l’occasion de faire un certain nombre de propositions à l’occasion des pseudo Etats généraux organisé par le département des Hauts-de-Seine en 2005 : sur le soutien scolaire, l’aide à la parentalité, le travail en réseau des différentes institutions (PMI, écoles, services sociaux des villes…), la généralisation de pratiques pédagogiques innovantes, notamment à l’aide des nouvelles technologies…(cf. rubrique Hauts-de-Seine « L’éducation, une priorité pour tous »)
Mais ne faut-il pas aller plus loin et s’interroger, au risque de s’attaquer à des tabous, sur le contenu des programmes, l’autonomie des établissements, la gestion des carrières des enseignants, les rythmes scolaires,… en un mot évaluer notre système au regard du seul résultat qui compte : la «réussite » de tous les élèves.
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