Nous avons exactement 10 jours pour convaincre qu’il faut voter et faire voter massivement pour Ségolène Royal le 6 mai afin qu’elle devienne la première femme Présidente de la République française.
Avec les militants socialistes de Vanves, nous multiplions le porte à porte et constatons que de très nombreux Vanvéennes et Vanvéens vont voter pour notre candidate au deuxième tour de l’élection présidentielle. Il faut que chacune et chacun d’eux profitent de ces quelques jours pour décider ses proches, voisins, amis, encore hésitants, à voter Ségolène Royal le 6 mai.
Pas une voix ne doit lui manquer.
Ségolène Royal est capable de mener à bien les réformes dont la France a besoin. Elle le montre dans cette campagne. Elle parle sans tabou et sans esprit dogmatique de tous les sujets qui préoccupent les Français : le pouvoir d’achat, le rôle de l’Etat, le travail et le refus de l’assistance, les 35 heures, la primauté de la négociation et la démocratie locale, l’école, la famille…avec la volonté claire d’un « ordre juste ».
En écoutant N Sarkozy, j’ai l’impression d’entendre ce qu’il dit depuis 3 ans au Conseil général des Hauts de Seine. C’est un discours qu’il a rôdé dans notre département. Il est donc facile de comparer ce qu’il a dit et ce qu’il a fait à partir d’exemples concrets. C’est ce que je continue à faire.
Troisième illustration : l’insertion des allocataires du RMI
N Sarkozy n’arrête pas de dire qu’il faut mettre fin à une société d’assistanat et il a raison. Il précise pour cela que chaque allocataire du RMI doit vivre de son travail. Ce qu’il a mis en place dans le département des Hauts de Seine depuis 3 ans ne marche pas. La situation est pire que celle qu’il a trouvée en arrivant. Démonstration.
Ce que dit N. Sarkozy:
« L’accès et le retour à l’emploi doivent être remis au centre des politiques d’insertion du département. On ne peut se limiter à l’assistanat et à l’organisation de la survie des allocataires du RMI autour d’un statut et de droits qui les installent durablement dans la précarité et l’exclusion….
…Il n’y a pas de fatalité à l’accumulation, année après année des bénéficiaires du RMI, et à l’allongement de leur durée de présence dans le dispositif. Nous devons en sortir par le haut, c'est-à-dire par l’emploi, en accentuant nos efforts en direction de ceux qui veulent s’en sortir mais qui n’arrivent pas à trouver leur place sur le marché du travail faute de pouvoir se faire ouvrir les portes des entreprises. Tout n’a pas été fait dans ce domaine et ce qui l’a été n’a pas donné les effets escomptés. Nous devons donc explorer d’autres voies en arrêtant de partir du principe que les Rmistes ne peuvent pas se réinsérer. Notre conception des politiques sociales n’est pas celle qui consiste à cantonner les individus dans une relation de complète dépendance vis-à-vis de la collectivité.
C’est au contraire celle qui permet d’aider les hommes et les femmes à vivre debout et à assumer leurs responsabilités grâce aux fruits de leur travail. »
Discours de N Sarkozy à la séance plénière du conseil général des 20 et 21 janvier 2005. Suite des Etats généraux.
Ce qu’il fait :
1. Le RMA, Revenu minimum d’activité, ne marche pas.
Lorsque son Gouvernement a institué le RMA, dont l’objectif était de faire entrer dans les entreprises les bénéficiaires du RMI, N Sarkozy a écrit personnellement aux quelques 40 000 chefs d’entreprises des Hauts-de-Seine pour leur venter le dispositif. Il a mis la barre à quelques milliers d’emplois. Le résultat est accablant : 233 personnes, soit moins de 1% des personnes potentiellement concernées par ce dispositif avaient touché la prime au nouveau départ fin 2006, à tel point que les crédits non utilisés dans le budget 2006 couvriront les besoins 2007.
N Sarkozy n’a pas compris qu’on n’est pas allocataire du RMI par choix. Pour s’insérer - et tous les travailleurs sociaux le savent bien - la question du travail est très souvent liée à celle du logement, de la santé, de la garde des enfants…On ne peut donc réussir qu’en ayant une approche globale de la situation des personnes, et cela demande un accompagnement personnalisé que les entreprises ne peuvent évidemment pas fournir.
2. Les moyens consacrés à l’insertion sont dérisoires, et confiés, pour une grande partie, à une société privée.
Comparé à la richesse de notre département (1 milliard 159 millions d’euros de fonctionnement), le budget 2007 du secteur de l’emploi s’élève à 23 millions d’euros. Comment, avec une somme aussi faible, aider les 50 000 allocataires de minima sociaux des Hauts de Seine à retrouver du travail? Sur ces 23 millions d’euros, 7 millions, soit le 1/3, ont été donnés, après appel d’offres, à une société privée, INGEUS, chargée d’aider les allocataires du RMI de plus de 2 ans à retrouver un emploi. Du 1er mars 2006 au 10 novembre, soit en 8 mois, INGEUS a permis à 315 personnes de retrouver un emploi, mais seules 190 étaient encore en poste, le 10 novembre, date à laquelle nous disposons d’un bilan. Rien d’étonnant puisque parmi ces 315 allocataires, moins de 90 ont pu signer un contrat de travail dont la durée excède 6 mois !
3. Le Département n’a pas pris la mesure de sa responsabilité dans le domaine de l’insertion.
Les circonscriptions de la vie sociale (CVS) du 92 souffrent d’un manque important de travailleurs sociaux, et notamment de travailleurs sociaux d’insertion. Au 1er janvier 2007, le département comptait 434 travailleurs sociaux, soit 1 pour 3 500 Alto Séquanais. Pour exemple, en mars 2007, la CVS de Rueil Malmaison a 7 postes non pourvus sur 13.
Des crédits plus importants pourraient être donnés aux entreprises et associations qui oeuvrent dans le domaine de l’insertion par l’activité économique : les entreprises d’insertion, les associations intermédiaires, chantiers d’insertion, régies de quartier…Elles sont nombreuses dans le département. Les demandes de subventions qu’elles font ne sont pas prises en compte à hauteur de leurs besoins et de ceux des publics en difficultés qu’elles suivent. Elles ont pourtant les capacités de sortir les allocataires de minima sociaux de l’assistanat en leur redonnant une existence digne.
Le vrai bilan de N Sarkozy dans les Hauts de Seine est le suivant : 20 600 allocataires du RMI en 2003, 23 000 en 2004, 25 000 en 2005, 29 000 aujourd’hui. Au-delà des discours, voilà la triste réalité !