Nous avons exactement 12 jours pour convaincre qu’il faut voter et faire voter massivement pour Ségolène Royal le 6 mai afin qu’elle devienne la première femme Présidente de la République française.
Conseiller général de Vanves depuis 3 ans, j’ai « le privilège » de vivre le « rêve » que Nicolas Sarkozy dit vouloir faire partager aux Français s’il était élu.
Chaque jour, je vais donc donner un exemple précis et vérifiable du décalage qu’il y a entre le discours de N Sarkozy et ce qu’il fait réellement dans notre département, les Hauts-de-Seine, depuis 3 ans.
Première illustration : le logement.
N Sarkozy dit qu’il est favorable au doit au logement pour tous. Dans son département, il fait l’inverse. Démonstration.
Ce que dit N. Sarkozy:
« Pour que ceux qui travaillent ou qui ont travaillé toute leur vie aient la possibilité de se loger dignement, pour que le jeune qui gagne le SMIC ne soit pas obligé d’habiter indéfiniment chez ses parents, je propose qu’au bout de cinq à dix ans le droit au logement devienne opposable de façon à créer une forte incitation à construire des logements manquants là où ils sont nécessaires pour que tous les Français puissent trouver un toit. »
Extraits du discours de N. Sarkozy à Périgueux le 12 octobre 2006 (site de l’UMP).
Ce qu’il fait :
Le 92 est le territoire de tous les contrastes en matière de logement social. 15 communes sur 36, dont les maires sont tous issus de la majorité de droite, ne respectent pas l’article 55 de la loi SRU qui oblige les communes de plus de 1500 habitants (en Région Ile-de-France) à avoir au moins 20% de logements sociaux.
La ville la plus emblématique du 92 est celle dont N Sarkozy a été maire de 1983 à 2002, et dont il tient toujours les rênes, Neuilly sur Seine : 3,16% de logements sociaux pour une commune de plus de 60 000 habitants. Entre 2004 et 2006, moins de 200 logements sociaux ont été réalisés dans une commune de près de 30 000 résidences principales.
Question : comment se loger à Neuilly quand on a un SMIC ?
Les 3 principales mesures prises par N. Sarkozy dans le domaine du logement en tant que président du conseil général ont des effets inverses sur l’objectif qu’il dit s’être fixé.
1) L’annonce de la vente de 4000 logements sociaux sur 5 ans ampute durablement le parc locatif social déjà insuffisant dans le 92 pour répondre aux besoins.
Sur le principe, on pourrait ne pas être défavorable à l’achat, par les locataires, de leur logement, à la condition que toutes les ventes soient compensées, au minimum, par la construction d’un nombre équivalent de logements sociaux du même type, et notamment de logements sociaux à loyers modérés pour permettre aux ménages ayant des revenus très modestes de se loger : PLAI, prêt locatif aidé d’intégration et PLU, prêt locatif à usage social. Or, nous n’avons aucune garantie à ce sujet. Le dispositif, de plus, ne fonctionne pas bien. Seules 23 ventes étaient signées en décembre 2006 (article du Parisien du 26 janvier 2007).
2) La création d’un Etablissement Public Foncier Départemental en mai 2006 va à l’encontre de la création d’un Etablissement Public Foncier Régional, seul apte à assurer une cohérence dans le rééquilibrage de l’offre de logement en Ile de France.
3) Le transfert de la délégation des aides à la pierre, c’est-à-dire la compétence des aides à l’habitat et les crédits correspondant, des mains de l’Etat (le Préfet) dans celles du Département (le Président du Conseil Général) va aggraver cette situation.
La preuve de ce que je dis se trouve dans la convention de délégation des aides à la pierre adoptée par le Conseil général le 26 octobre 2006 (rapport n°06.366) et qui servira de base au schéma départemental de l’habitat que tous les départements doivent adopter pour se conformer à la loi du 13 juillet 2006 portant engagement national pour le logement.
Notre département fait l’objet d’un découpage en 4 zones infra départementales, qui regroupent des communes très hétérogènes en matière d’offres de logements sociaux. Par exemple, Neuilly (3%) et Nanterre (54%) sont toutes deux rattachées au secteur centre. Les objectifs de construction sont établis par secteur, ce qui risque de permettre encore à certaines communes de s’affranchir de leurs obligations au regard de l’article 55 de la loi SRU. Si par malheur N Sarkozy gagnait les prochaines élections, il y a fort à parier qu’il supprimerait cette obligation et la ville de Neuilly serait définitivement dispensée de construire des logements sociaux.
N Sarkozy applique dans les Hauts de Seine une politique qui fige la ségrégation territoriale, va à l’encontre de la mixité sociale et contredit ce qu’il prône dans ses discours.