J – 4 Il nous reste quatre jours pour convaincre de voter Ségolène Royal le 6 mai.
Le débat d’hier soir va alimenter les conversations d’ici dimanche. Chacun ira de son " ressenti ", de ses préférences, de ses appartenances…
Pour ma part, je trouve que Ségolène Royal a tenu le rang que nous attendons d’elle. Elle s’est montrée digne d’occuper les plus hautes fonctions de l’Etat. Elle a parlé avec clarté et conviction des grands sujets: les institutions, l’éducation, l’environnement…
Pas une voix ne doit lui manquer.
Sa colère au sujet du handicap s’explique. Il ne s’agit pas d’une bataille de chiffres. Elle a, avec raison, relever le décalage qu’il y toujours entre les discours quelques fois généreux de N Sarkozy et ses actes. C’est cela qui décrédibilise la politique. Lorsque Monsieur Sarkozy dit qu’il faut passer des droits virtuels aux droits réels, que fait-il d’autres si ce n’est tromper les Français qui l’écoutent de bonne foi, et donc " mentir ".
C’est ce que j’ai essayé de montrer, sur ce blog, depuis une dizaine de jours, preuves à l’appui : le décalage constant entre les discours et les actes du candidat de l’UMP.
Le président des Hauts de Seine prétend qu’il veut renforcer la cohésion sociale mais il fait exactement l’inverse. Il se proclame pour un droit au logement opposable, pour un droit de garde opposable, mais il ne les met pas en place dans son propre département : pas de logements sociaux là où il y en a le plus besoin, pas de places en crèches suffisantes…
Il est d’ailleurs significatif que pendant les deux heures et demie qu’a duré ce débat, il n’ait jamais cité une seule fois l’action qu’il est censé mener dans notre département. Est-ce qu’il n’y a rien à dire ou est-ce que c’est trop risqué car à l’inverse des discours qu’il tient ? On peut légitimement se poser la question : si vous voulez savoir ce que N Sarkozy ferait s’il était élu Président de la République, allez voir dans les Hauts de Seine, mais surtout, n'en parlez pas !
Illustration : le handicap.
Ce qu’il dit :
" Aider davantage ceux qui connaissent le plus de handicap est une conviction que je porte depuis longtemps." " Discours d’investiture du 1er avril 2004.
A l’occasion de l’inauguration de la maison départementale des personnes handicapées, le 6 janvier 2006 : " Mais je préfère penser aux personnes handicapées, plus de 85 000 personnes, qui trouveront ici avec leur famille une réponse à toutes leurs questions. Ils seront mieux accueillis. Ils n’auront plus à se déplacer d’un guichet à l’autre, souvent fermé. Ils seront réellement accompagnés dans leur vie quotidienne pour que celle-ci ne soit plus une vie d’exception…Nous nous sommes engagés pour que les Hauts de Seine soient un département exemplaire…La création de la maison départementale des personnes handicapées est symbolique de cet engagement. "
Ce qu’il fait :
La Maison Départementale des Personnes Handicapées a été ouverte le 2 janvier 2006, à grand renfort médiatique et en toute hâte. Elle connaît aujourd’hui des difficultés de fonctionnement considérables:
- Devant le manque de moyens mis à la disposition de la M.D.P.H, le directeur de la structure a préféré démissionner ;
- 8 000 dossiers selon un article du Parisien du 6 février 2007, 20 000 selon la CGT dans un tract de mars, sont toujours en instance de traitement ;
- Les délais d’instruction légaux des dossiers sont de 4 mois. On est loin du compte dans le 92… : 8 mois ou plus.
N Sarkozy s’était engagé à ce que les enfants handicapés puissent suivre une scolarité en milieu ordinaire ce qui supposait, outre l'aménagement des locaux pour les rendre accessibles, l'accroissement du nombre des unités pédagogiques d'intégration ( UPI ) et partant des emplois d'auxiliaires de vie et d'intégration. L'objectif était d'équiper au moins un collège dans chaque commune. 22 UPI ont été créées à la rentrée 2006 contre les 29 annoncées au BP 2005 (soit un déficit de 7 UPI par rapport aux objectifs).
Plus inquiétant, le schéma d’organisation sociale et médico-sociale en faveur des adultes handicapés dont les grandes orientations devaient être présentées aux élus début février n’a fait l’objet qu’un état des lieux et de réunions thématiques dont nous n’avons pas la synthèse.
Les besoins sont pourtant considérables. Le schéma 2002 faisait le constat suivant :
En 2001, le département des Hauts de Seine était le moins bien équipé en MAS (Maison d’accueil spécialisé) de la région Ile de France, avec un taux d’équipement près de 8 fois inférieur à la moyenne régionale (soit 0,04 place pour 10000 habitants)…Les MAS reçoivent des adultes handicapés qui ne peuvent effectuer seuls les actes essentiels de la vie et dont l’état nécessite une surveillance médicale et des soins constants. Nous avons 3 établissements de ce type.
Bon nombre de personnes handicapées originaires du département doivent s’installer en province et parfois même en Belgique faute de places en foyer de vie dans le département…
L’état actuel des structures médico-sociales ne répond pas de manière satisfaisante à la population de personnes stabilisées présentant des troubles mentaux que compte le département.
La situation s’est elle améliorée depuis ? Le schéma 2000-2006 aurait été réalisé à hauteur de 102 % mais, on l’a vu, les besoins étaient particulièrement importants, et les retards considérables. Les créations de nombreux établissements dépendent de l’Etat ; elles sont inscrites dans un document élaboré au niveau régional, le PRIAC (Programme interdépartemental d’accompagnement de la perte d’autonomie).
Les villes étaient elles aussi sollicitées et toutes n’ont pas joué le jeu. Pour prendre l’exemple de Vanves, la signature de la charte Ville-Handicap, en juin 2006, avec la venue du ministre, ne masque pas la carence de la municipalité actuelle dans ce domaine. En projet depuis 6 ans, l’ascenseur qui devait desservir la salle des fêtes de l’hôtel de ville n’est toujours pas en chantier. La mairie s’est bien gardée de faire l’annonce du départ du centre d’aide par le travail que j’avais fait venir à Vanves rue Raymond Marcheron. Les personnes handicapées (une soixantaine) qui y travaillaient doivent maintenant aller dans d’autres centres situés loin de leur domicile. C’est une régression. Les beaux discours (et les photos) n’y feront rien.