Nicolas Sarkozy a été mon président pendant 3 ans au Conseil général des Hauts de Seine.
Lorsqu’il a été élu, le 1er avril 2004 président du département le plus riche de France, et que je l’ai entendu s’engager sur ce qu’il allait faire pendant son mandat, je me suis demandé si c’était un rêve ou un poisson d’avril… Il allait changer la façon de faire de la politique, ne laisser aucun de nos concitoyens sur le bord de la route, s’attaquer à tous les maux de notre département : l’insécurité, bien sûr, mais aussi la pauvreté, le mal logement, le chômage… C’était Martin Luther King à Nanterre.
Élu depuis 20 ans, conseiller municipal de Vanves, puis maire de 1995 à 2001, je connais bien ce département et les mœurs qui en font sa réputation. Je sais, par expérience, qu’on ne change pas si facilement une classe politique qui se renouvelle grâce au clientélisme et au partage des territoires. J’en avais fait l’expérience avec Charles Pasqua et André Santini qui n’avaient eu de cesse de me faire perdre la mairie que j’avais prise par mégarde à un de leurs protégés.
En fait, Nicolas Sarkozy n’a rien changé dans les Hauts de Seine pendant les 3 ans de son mandat. Il devait rapidement céder sa place pour s’occuper de ses fonctions ministérielles, successivement aux finances et à l’intérieur. Il n’en a rien fait. Pour préparer l’élection présidentielle, il valait mieux rester tranquille.
Surtout, il a trompé nos concitoyens. Je prendrai un seul exemple : celui du logement social. Il avait dit qu’il n’était pas normal que des gens qui travaillent ne trouvent pas à se loger dans les Hauts de Seine. Comment le croire alors qu’à Neuilly, dont il a été maire pendant 20 ans, il a fallu attendre qu’il n’exerce plus ses fonctions pour que quelques centaines de logements sociaux soient enfin construits ? En tant que Président de la République, il a défendu la loi DALO : droit au logement opposable. Demandez au Préfet du Département combien de mal logés il pourra reloger à Neuilly ?
Le 1er avril 2004, ce n’était pas un rêve. C’était un poisson d’avril. Charles Pasqua et André Santini en rient encore.
Guy JANVIER, conseiller général PS de Vanves, maire de 1995 à 2001.
