A l'occasion de la semaine du développement durable, il est bon de rappeler que le DD ce n'est pas seulement améliorer l'environnement. C'est un ensemble de mesures qui demandent une réelle volonté politique. Le film qui était projeté hier au théâtre de Vanves 'Nos enfants nous accuseront" le montrait bien: un Maire vraiment décidé à faire du développement durable un axe fort de sa politique. Ce n'est manifestement pas le cas ni à Vanves, ni au conseil général.
Je reprends le texte que j'avais écrit sur ce blog en 2007. Il reste, hélas, d'actualité.
Le développement durable est à la confluence de trois préoccupations : environnementale, économique et sociale.
Les principales suggestions du Conseil de développement durable (C2D 92) émis il y a un an sur le projet de schéma directeur de la région Ile de France étaient tout à fait louables :
- proposer des conditions de vie qui permettent de vivre et d’habiter à proximité de son lieu de travail ;
- accompagner toute création d’activités nouvelles par des logements et des dessertes en transports en commun accessibles à tous ;
- développer des espaces naturels plus nombreux et plus variés.
Le problème, comme toujours, c'est que la réalité est toute autre.
Prenons des exemples.
Vouloir enfouir la RN13 à Neuilly, dont le coût avoisinerait le milliard d’euros, c’est renoncer à réaliser 3 lignes de tramway comme celle qui va aller de Chatillon à Viroflay.
Proposer l’élargissement de la RD7, le long de la Seine, entre Sèvres et Paris, c’est aller à l’encontre du schéma d’aménagement et de gestion durables de la Seine et de ses berges, et de la volonté, pourtant affichée, de "rendre la Seine aux habitants. "
Refuser de construire des logements sociaux comme la loi nous y oblige et ne pas mettre les moyens appropriés pour éradiquer l’habitat insalubre, c’est rendre impossible, compte tenu du coût du foncier, le maintien dans nos villes de ménages aux revenus modestes, et œuvrer contre la mixité sociale.
Laisser près de 30 000 allocataires du RMI sans véritables offres de réinsertion sociale et professionnelle, ne pas donner aux travailleurs sociaux des circonscriptions d’action sociale et à la maison départementale des personnes handicapées des moyens de fonctionnement corrects, c’est ne pas contribuer à la réduction des inégalités entre les groupes humains.
Refuser de donner des bourses aux collégiens appartenant à des familles ayant des revenus modestes et consacrer aux 1800 étudiants du pôle Léonard de Vinci autant de crédits (17 millions d’euros) qu’aux 72 900 collégiens des 95 établissements du département, c’est ne pas prendre en compte à sa juste mesure la question essentielle de l’échec scolaire.
Le domaine des solidarités devrait être le domaine phare de l’action du Conseil général ; c’est sa première compétence. Force est de constater que notre département, le plus riche de France, n’utilise pas les moyens qui sont les siens à promouvoir l’égalité des chances, et son corollaire, la cohésion sociale, pilier essentiel du développement durable