J'ai répondu à une interview du blog vanvéen Vanves92170. Cela m'a permis de faire un point sur mes activités de conseiller général - en attendant un bilan précis d'ici quelques semaines - et d'aborder un certain nombre de questions d'actualités: les élections régionales, la réforme territoriale, le PS...
L’année 2010 est électorale. Une controverse récente l’a opposé au maire de Vanves au sujet de la taxe professionnelle. La campagne pour l’élection régionale va bientôt débuter. Le PS au niveau national se reconstruit. Plein de raisons pour interviewer Guy Janvier, notre Conseiller Général.
Sans que cette question soit polémique, à quoi cela sert un Conseiller Général qui est dans l’opposition départementale ?
En quoi consiste votre rôle de Conseiller Général ?
Au Conseil général des Hauts-de-Seine, le groupe socialiste auquel j’appartiens porte des propositions fortes autour du respect de la démocratie et de la transparence, de la solidarité et du développement durable.
Bien que nous soyons numériquement le plus petit groupe de l’Assemblée départementale, nous nous opposons fortement mais de façon constructive aux décisions idéologiques de la majorité départementale en formulant toujours des contre-propositions concrètes et justes pour répondre aux véritables besoins et attentes de tous les habitants des Hauts de Seine.
Un groupe qui s’oppose
Quelques exemples de mesures que nous avons combattues et dénoncées :
la suppression des bourses départementales aux étudiants
la suppression de « Parcs en sports » (dispositif en direction des jeunes qui ne partent pas en vacances)
le recours à des prestataires privés (Manpower, puis Ingéus) pour l’insertion des allocataires du RMI
les dépenses « pharaoniques » : Fac privée Pasqua, Restaurant Le Ruban Bleu…
la couverture de la RN 13 à Neuilly
le doublement de la RD 7
le financement d’un réseau départemental à très haut débit
la relance du quartier d’affaires de La Défense
le manque de transparence dans la gestion de la SEM Coopération 92 …
le désengagement du Département des actions de prévention et de santé publique
la baisse des crédits pour les clubs de prévention
la suppression des subventions aux associations d’aide et de soutien aux travailleurs migrants et d’aide aux femmes en difficultés
Un groupe qui obtient des avancées
Au travers de nos interventions en séance, des amendements aux projets de délibération ainsi que des vœux sur des questions d’actualité, le groupe défend, propose et obtient des avancées sur les grands dossiers.
Quelques exemples de mesures adoptées à l’initiative du groupe socialiste :
- La mise en place d’un double jeu de manuels scolaires pour les élèves de 6ème et de 5ème (poids des cartables)
- L’adoption d’un vœu socialiste de principe demandant à privilégier le transport par voies fluviales des déchets à incinérer.
- L’adoption du quotient familial dans les cantines des collèges
- L’adoption de l’amendement socialiste visant à assurer l’intégration des enfants handicapés dans les structures collectives d’accueil de la petite enfance
- L’extension de l’allocation BéBéDom 92 aux parents ayant recours à une assistante maternelle
- L’extension de la gratuité de la carte améthyste (carte de transport) aux veuves d’Anciens combattants dès l’âge de 60 ans
- La création d’une Maison de l’Adoption
- L’adoption de l’amendement socialiste visant à augmenter les crédits destinés aux aménagements des transports en commun pour les personnes à mobilité réduite (1 million d’euros au lieu des 150 000 prévus !)
- L’adoption du vœu socialiste pour des aménagements de sécurité de la voirie départementale
- Le rétablissement de la subvention à des associations (Asti, Femmes solidaires..) et la re-programmation de « Parc en sports » au budget 2009 sous une forme légèrement différente.
Plusieurs de nos propositions répétées au fil des ans ont été reprises par la majorité départementale : ainsi le soutien aux activités périscolaires des collégiens avec la mise en place du P@ss 92 en mars 2005, (une aide de 70 € pour les activités extrascolaires des collégiens), la construction de collèges à « taille humaine » (600 élèves maximum)…
Un groupe qui propose
Voici quelques-unes des propositions destinées à améliorer la vie des habitants des Hauts-de-Seine que nous défendons et que nous continuerons à promouvoir :
la réduction des inégalités sociales et territoriales dans notre département,
la lutte contre les exclusions
les solidarités en direction des familles, des personnes âgées, des personnes handicapées, des plus démunis…
la priorité donnée au logement social innovant et de haute qualité environnementale,
l’égalité des chances pour tous les collégiens
la réduction de la fracture numérique
la mise en place d’un plan « crèches » ambitieux
l’accès au sport et à la culture « partout et pour tous »
un véritable partage de la voirie départementale en faveur des transports en commun et des circulations douces
le renforcement de la prévention spécialisée…
A chaque séance, j’interviens sur tous ces sujets. Je suis devenu en quelque sorte le spécialiste du groupe sur les questions sociales, bien sûr – et elles sont vastes puisque le département est compétent sur l’enfance, les allocataires de minima sociaux, les personnes âgées, les personnes handicapées – et les questions budgétaires. Mes interventions font plus d’une centaine de pages. Au moment de mon bilan, il sera intéressant de les comparer avec celles de mes prédécesseurs…
Je ne manque jamais une occasion de soutenir les projets qui concernent Vanves : subventions dans les écoles et dans les collèges, subventions aux associations, aides aux petits propriétaires, amélioration de la voirie, de l’environnement, de l’assainissement…
A titre d’exemple, voilà les subventions votées pour le collège Saint-Exupéry où je représente le conseil général au sein du conseil d’administration (comme je le suis à la cité scolaire Michelet) :
Travaux réalisés au titre de 2004 : 100 079 € ; 2005 : 260 000 € ; 2006 : 350 000 € ; 2007 : 567 800€ ; 2008 : 1 214 700€
Quand je présenterai mon bilan, je donnerai la totalité des montants qui ont été votés pour Vanves, dans tous les secteurs où je suis intervenu.
Ma permanence est ouverte tous les samedi matin sur rendez-vous, au rez-de-jardin de la mairie. J’y ai reçu des centaines de Vanvéens sur des questions de logement, d’emplois, de garde d’enfants, de difficultés financières… ou tout simplement des sympathisants. Les Vanvéens savent qu’ils peuvent compter sur moi et que, lorsque je me charge d’un dossier, je ne le lâche pas avant qu’il n’ait abouti, pour autant que je sois complètement maître du jeu…
Lors des prochaines élections cantonales en 2011, à l’occasion du renouvellement (pour moitié) du Conseil général, nous avons pour ambition de renforcer le groupe socialiste et l’opposition départementale dans son ensemble ! D’ici là, soyez certain de ma détermination à porter ces projets ambitieux et solidaires pour faire du département le plus riche, le département le plus juste de France ! Il y a encore du chemin à parcourir…
Quel est le sens de l’ouverture d’une permanence PS à Vanves ?
Pour que le canton de Vanves reste à gauche en 2011, et pour préparer les prochaines échéances municipales, il faut que nous ayons une visibilité plus grande que celle que nous avons actuellement.
C’est un des objectifs de l’ouverture prochaine du local du parti socialiste, 82 rue Sadi-Carnot, que nous inaugurerons début décembre. Ce sera un lieu de convivialité, de militantisme et de présence de la gauche sur Vanves. Je fais confiance à notre secrétaire de section, Fabian Estellano, et à l’ensemble des militants : un lieu ouvert, facilement accessible où pourront se retrouver toutes les Vanvéennes et tous les Vanvéens qui voudront militer, sympathiser ou tout simplement discuter avec nous.
Au niveau municipal, quels sont les éventuels points d’accord que vous avez avec la majorité ? Quels sont les sujets d’opposition ?
Très franchement, mes points d’accord avec la majorité sont mineurs.
Un des projets que j’aurais pu soutenir, à savoir la création de la communauté d’agglomération, a été galvaudé par le refus du maire et de sa majorité (sans doute dictée par André Santini) de refuser toute représentation socialiste au conseil communautaire. Est-ce normal de choisir le représentant de l’opposition et d’éliminer celles et ceux qui ne vous plaisent pas ? Dans quel régime sommes-nous ? C’est un déni de démocratie.
Les points de désaccord sont légion : absence de politique de la jeunesse, pas de véritable politique de cohésion sociale, pas de construction de logements sociaux (30 en 10 ans), échec de l’animation commerciale, pas de véritables actions innovantes, caricature de la démocratie participative…
Sur Jacques Cabourg, qui va être la grosse opération de la deuxième mandature, on a manqué l’occasion d’en faire un éco-quartier et une réalisation exemplaire en matière de développement durable.
Que pensez-vous de la suppression de la taxe professionnelle ?
La taxe professionnelle constitue la principale imposition locale à la charge des entreprises et une ressource essentielle pour les collectivités locales : un peu plus de 40 % pour les communes et les départements, plus de 60 % pour les régions. Sa réforme devrait entraîner un besoin de compensation à la charge de l’Etat qui n’est pas assuré pour les années à venir compte tenu de la situation de déficit considérable du budget de l’Etat.
Actuellement, les départements – et celui des Hauts-de-Seine n’y échappe pas – doivent financer des prestations qui relèvent de la solidarité nationale : APA pour les personnes âgées, prestation de compensation du handicap, RSA…Ils deviennent de plus en plus des prestataires de l’Etat sans que celui-ci assure les compensations financières des missions qu’il leur confie. Dans ces conditions, l’autonomie financière des collectivités locales est de plus en plus mise à mal. Il est donc urgent d’envisager une refonte générale de la fiscalité locale pour que celle-ci soit plus juste et garantisse l’autonomie fiscale des territoires.
Que pensez-vous de la réforme administrative voulue par Nicolas Sarkozy et de la création du Conseiller Territorial ?
La réforme administrative est sans doute la réforme dont la France a le plus besoin aujourd’hui. Malheureusement, je ne crois pas que ce que nous proposent Nicolas Sarkozy et Edouard Balladur aille dans le bon sens.
Notre organisation territoriale est l’héritage des paroisses pour ce qui est de notre échelon communal, celui de Napoléon pour ce qui est des départements. La taille de nos régions n’est pas adaptée à la nouvelle Europe, sociale et solidaire que nous voulons. Il nous faut donc avoir la lucidité et le courage de réduire le nombre d’échelons administratifs afin de rendre la gestion publique plus performante et mieux adaptée aux transformations de la société.
La fondation « Terra Nova » www.tnova.fr fait en quelques pages des propositions de simplification tout à fait intéressantes : la stratégie à l’Etat et à un nombre réduit de régions, la gestion de proximité aux départements et aux communes, regroupés en communautés d’agglomération ou de pays.
Nous ne devons pas être frileux sur cette réforme. Il faudrait qu’une fois pour toutes les hommes et les femmes politiques se préoccupent de l’intérêt général. Celui-ci consiste à répondre au mieux aux besoins de nos concitoyens et à trouver le mode de gouvernance le plus adapté à la réalisation de cet objectif. C’est un enjeu considérable pour la démocratie dans notre pays.
Comment va le Parti Socialiste au niveau national ? Pensez-vous que son message est suffisamment fort pour incarner une possibilité d’alternance au niveau de la Présidence de la République ?
Le Parti socialiste ne va pas bien. C’est peu de le dire. Mais c’est le cas des autres partis socialistes européens. Pourtant, la Gauche gagne, aux Etats-Unis, en Amérique Latine, au Japon…Il nous faut travailler sur notre programme, en tenant compte des évolutions de la société, sans renier nos valeurs. Je fais confiance à Martine Aubry pour mener à bien cette entreprise. C’est la première chose à faire avant de parler des Présidentielles.
A tous les échelons, nous devons travailler. C’est ce que je fais au niveau fédéral en animant plusieurs groupes sur les questions sociales : logement, personnes âgées, personnes handicapées, petite enfance…Je suis délégué à la cohésion sociale et j’assume cette responsabilité dans le seul but de faire des propositions concrètes afin d’améliorer la cohésion sociale dans notre département. Compte tenu de la majorité libérale que nous avons dans ce département, on en a encore plus besoin qu’ailleurs.
Comment s’annonce la campagne pour l’élection régionale de 2010 autour du Président sortant Jean-Paul Huchon ?
La campagne vient de démarrer et nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour que Jean-Paul Huchon reste à la tête de la Région Ile-de-France, avec, je l’espère Lucile Schmid, dont je soutiens la candidature interne pour conduire la liste socialiste dans notre département.
Nous avons de bonnes chances de réussir. Nous avons un bilan, un projet. Il nous faut les faire connaître. C’est ce que nous allons faire sans relâche dans les quelques mois qui nous séparent des élections de mars, pour gagner.
Toutes celles et tous ceux qui veulent nous aider sont les bienvenus.
Quelle est la question à laquelle vous auriez souhaité répondre et que je ne vous ais pas posé ?
Qui va gagner France-Eire ce soir ? La France car j’espère que nous défendrons nos couleurs lors de la prochaine coupe du Monde en Afrique du Sud.
C’est tôt encore, mais quel est votre souhait pour 2010 ?
Conserver le maximum de régions à gauche lors des prochaines élections, et notamment la région Ile de France, afin de poursuivre une politique juste en matière d’égalité des chances, de logements, de transports et améliorer ainsi la vie quotidienne de nos concitoyens.