Demain, vendredi 12 février, j'interviendrai à Nanterre, au conseil général, au nom du groupe socialiste, sur le document d'orientation budgétaire. J'ai demandé à faire une présentation avec un powerpoint, ce qui m'est, pour l'instant, refusé! Voilà ma tribune pour le journal des Hauts de Seine sur le même sujet.
Pour notre département, comme pour tous les départements de France, le budget 2010 ne sera pas facile à boucler. L’Etat supprime les moyens des collectivités locales en réformant la taxe professionnelle et accroit leurs charges en ne finançant plus les dépenses qui relèvent de la solidarité nationale. Le résultat : bon nombre de départements sont en difficultés.
Le débat d’orientations budgétaires qui a eu lieu le 12 février a clairement montré que les Hauts de Seine n’échappait pas à cette situation. Le problème, c’est que notre département n’a jamais été un exemple de solidarité et que par conséquent, dans une période où les finances manquent, les inégalités risquent de s’accroître. Pour le comprendre il suffit de se reporter à l’évolution des comptes administratifs (CA) – lesquels reflètent parfaitement les budgets du département - de ces dernières années. Entre 2006 et 2008, sur 4 ans, les dépenses de fonctionnement ont augmenté de près de 20%. Dans le même temps, les recettes ne progressaient que de 5%. Il y là un risque d'effet de ciseaux inquiétant. Les concours de l’Etat ont diminué de 5% sur la période.
La première compétence d’un département, c’est la solidarité. Le conseil général a la charge des politiques en direction des personnes âgées (APA Allocation personnalisée d’autonomie), handicapées (PCH Prestation de compensation du handicap), en difficultés (RMI et aujourd’hui RSA Revenu de solidarité active). Ces dépenses représentent en moyenne 60,2% des budgets des départements. Le nôtre ne fait pas figure de modèle : 56,8% dans le CA 2008, soit plus de 3 points en dessous de la moyenne nationale, alors qu’il est de 64,5% dans les Bouches du Rhône, 71,6% dans le Nord, 67,3% à Paris.
Plutôt que d’investir dans des équipements qui auraient pu être pris en charge par le secteur privé, comme le Très Haut Débit, notre département devrait soutenir les nombreuses associations qui développent des actions de solidarité au plus près de nos concitoyens. Il en existe dans les domaines du logement (Solidarités Nouvelles face au logement), de l’éducation et de la culture (Lire et faire lire), de l’emploi (Les différentes formes de l’économie sociale et solidaire et notamment l’insertion par l’activité économique). Les associations sont malheureusement souvent le parent pauvre des politiques. Les subventions diminuent et se réduisent parfois à peau de chagrin, là où il faudrait au contraire, investir dans ce travail collectif et humain. Ce serait un bel exemple de solidarité !
Illustration de la politique inique du département: la suppression, dès 2010, de la subvention de 500 000 € au PAL, le plan d'aide à la lecture qui, depuis une vingtaine d'années, aidait les enfants des écoles en difficultés à apprendre à lire!