Lors du dernier conseil municipal, mercredi 25 mars, je suis intervenu longuement sur le budget 2010. Cette délibération est chaque année l'acte politique majeur de la collectivité puisque, au-delà des discours, elle permet de juger sur "pièces" ce que la majorité décide de faire ou de ne pas faire.
1) Le budget de la Ville de Vanves est de plus en plus "dépendant" de celui de la communauté d'agglomération GPSO (Grand Paris Seine Ouest).
- Le terme "dépendance" que j'ai sciemment utilisé n'a pas été apprécié par la majorité mais il est exact. De plus en plus de compétences (voirie, habitat, politique de la ville, environnement, sports, musique...) sont confiées à la CA. Cela a des avantages, notre commune bénéficie des subventions importantes - et ce sera notamment le cas pour le futur conservatoire de musique - mais aussi une obligation, celle de "peser" sur les décisions d'une collectivité dans laquelle la ville de Vanves ne représente qu'environ le dizième de la population.
- La décision de la municipalité a été de ne pas augmenter les impôts locaux cette année. Les incertitudes demeurent sur l'avenir. Toutes les collectivités, quel que soit leur bord politique, sont inquiètes sur les conséquences, pour leurs finances, de la réforme de la taxe professionnelle. Le désengagement de l'Etat se poursuit alors que les responsabilités leur incombant ne cessent d'augmenter. A Vanves, l'impact de l'emprunt que la commune devra souscrire dès cette année pour financer les travaux de l'espace Cabourg se fera sentir rapidement. Le document d'orientation budgétaire a donné les chiffres: un emprunt de 6 M€ en 2010, c'est 540 000 euros de charges supplémentaires dès 2011, 8 M€, c'est 720 000 euros, 12 M€, 1 080 000 euros...
2) la baisse des dépenses de fonctionnement est essentiellement due à la réduction des dépenses de personnel et cela entraîne une dégradation de la qualité du service public, ou, dans certains domaines, sa disparition.
- Les dépenses de personnel passent de 20,6 M€ en 2009 à 19,8 M€ en 2010. L'état des effectifs qui figure en annexe du budget montre que 25 emplois vont être supprimés dès cette année. On passe de 415 agents à 389. Cette diminution est la conséquence des choix politiques effectués par la majorité municipale: transfert au privé des activités d'aides à domicile, externalisation des colonies de vacances, des séjours pour les adolescents... A noter que certains postes sont épargnés: celui de l'information et communication passe de 634 000 euros à 756 000 euros !
- Ce qui est grave, c'est que certaines politiques - dont la responsabilité première revient à la commune - sont à l'abandon ou presque. Une politique est emblématique, c'est celle de la jeunesse. J'ai comparé ce que dépensaient nos voisines, Issy-les-Moulineaux et Malakoff sur le poste "Autres activités pour les jeunes". C'est facilement repérable dans l'instruction M14 qui sert de comptabilité commune aux villes (rubrique 422). A Vanves, la dépense est de 765 000 euros. A Malakoff, elle est de 2 500 000 euros pour un budget un peu supérieur au nôtre (41 M€ contre 32 à Vanves). A Issy, 8 215 000 soit 10 fois plus pour un budget total qui est supérieur d'un peu plus de 3 fois au nôtre ! Dans ces conditions, il n'est pas surprenant que les jeunes de Vanves ne trouvent pas chez nous les structures de loisirs et d'aides dont ils bénéficient ailleurs. De là à dire qu'ils sont sacrifiés, au vu du budget 2010, on peut le craindre!
Nous avons, bien sûr, voté contre ce budget.