Président du Conseil général des Hauts de Seine de 2004 à 2007, Nicolas Sarkozy s'était vanté de pouvoir remettre au travail les allocataires du RMI de notre département. Il clamait haut et fort que c'était possible, à condition d'utiliser les méthodes du privé...
Fin 2005, à la suite d'un appel d'offres, le Conseil Général a donc choisi la société INGEUS, société de droit privé australien, pour accompagner dans leur recherche d'emploi les bénéficiaires de minima sociaux du département des Hauts de Seine.
Depuis plusieurs mois, je réclamais, en vain, le bilan de ce contrat qui courait de 2006 à 2009. Je l'ai enfin, obtenu, sur table, vendredi matin, lors de notre dernière assemblée, et j'en ai fait longuement état.
Le bilan n'est pas fameux et le Conseil Général a décidé de ne pas le reconduire. Sur les 14 000 bénéficiaires recensés, 492 seulement auraient conservé leur emploi au-delà de douze mois. Ce n'est pas brillant si l'on sait que 18 millions d'euros ont été donnés à cette société qui en a utilisé près d'un million, uniquement pour les dépenses de communication.
"Le coût de ce marché apparaît comme important au regard des résultats obtenus par INGEUS" dit le rapport. Et d'ajouter que le Département des Hauts de Seine "pourrait désormais confier le placement dans l'emploi principalement à Pôle emploi..."
La conclusion de cette affaire est la suivante:
1) le privé n'est pas systématiquement meilleur que le public, surtout quand on s'adresse à une population qui touche le RMI depuis plus de 2 ans et qui est donc, forcément, très éloignée de l'emploi;
2) il faut réaliser l'évaluation de tous les dispositifs que nous finançons. C'est ce que je réclame depuis que je suis élu...460 dispositifs ont été recensés. Qu'attend le Conseil général pour le faire, comme il s'y était engagé dans le rapport d'activités des services de 2007 ?
Ce que je demande n'est pas révolutionnaire:
- la fixation de l'objectif poursuivi;
- les moyens humains et financiers mis en oeuvre:
- les résultats obtenus.
L'argent public, surtout quand il est rare, mérite que l'on se pose et que l'on réponde à ces questions simples. C'est la responsabilité du politique que de rendre des comptes à l'usager du service, au contribuable qui le paye, et au citoyen qui est souvent les trois à la fois !