Le vote du budget est un des actes politiques majeurs d’une collectivité.
Nous avons examiné, lors de la séance du conseil municipal du vendredi 20 mars, le budget primitif, c’est-à-dire prévisionnel, 2009.
Le budget de cette année s’élève à 35 millions d’euros en fonctionnement et 13 millions en investissement. Il est équilibré, comme la loi nous y oblige, en recettes et en dépenses.
Les marges de manœuvre du maire sont très étroites.
Le projet principal de la majorité est la rénovation de l’espace Jacques Cabourg, avec la reconstruction des deux écoles maternelle et primaire du Centre et la création d’un centre de loisirs d’une salle polyvalente et d’un parking. Le problème, comme nous l’avions signalé pendant la campagne des municipales, est que ce projet, dont nous ne contestons pas l’utilité, n’est pas financé. Il coûtera à la ville au minimum une vingtaine de millions d’euros. Des subventions (dont celle du Conseil général) sont sollicitées, à hauteur d’environ 20% du projet. Reste à trouver le reste.
Les solutions sont au nombre de trois :
- Les aides extérieures. Il ne faut plus compter sur l’Etat. Tout le monde sait que celui-ci se désengage au détriment des collectivités locales, lesquelles doivent supporter de plus en plus de charges nouvelles, sans que celles-ci soient compensées. La dotation d’Arc-de-Seine stagne à hauteur d’un peu plus de 5 millions d’euros depuis plusieurs années.
- L’emprunt. Vanves qui, pendant longtemps n’a pas été endettée, connaît depuis quelques années une situation nettement moins favorable. La capacité de désendettement de la ville ne cesse d’augmenter. Elle se mesure en années : 4,3 en 2006, 9,2 en 2007, 13, 5 en 2008 et 15, 3 en 2009. (chiffres extraits du document d’orientation budgétaire). On estime que 7 ans est la limite raisonnable. On l’a largement dépassée !
- L’augmentation des impôts. Les impôts, à Vanves, sont déjà élevés. Ils ont augmenté de 3,5% en 2008. Ils vont encore augmenter de 3% en 2009. Or, lors de la précédente mandature, les taux avaient déjà connu 12,5% de hausse. Ce qui fait que depuis que Monsieur Gauducheau est maire, les impôts ont augmenté de près de 20% (12,5+6,6).
Le paradoxe est que les impôts augmentent sans que la qualité des services rendus aux Vanvéens ne suive. En effet, pour financer le projet Cabourg, le Maire n’a pas d’autres solutions que de réduire les dépenses de fonctionnement. Les agents ont donc été sommés de faire des économies. Et cela se traduit immanquablement par la détérioration des services rendus à la population.
Quelques « exemples » :
- La saison théâtrale est assurée jusqu’en juin. La diminution du budget « ne permet pas la programmation de spectacle vivant à l’automne 2009 ». Si vous voulez aller au théâtre, il faudra que vous en trouviez un ailleurs qu’à Vanves !
- La réduction du budget de l’éducation. Les dépenses passent de 659 000€ dans le BP 2008 à 578 000€ dans le BP 2009 (- 12%). Effet immédiat : la réduction du nombre de classes de découverte et de classes externées.
- Les aides à domicile (ce sont les personnes de la mairie qui interviennent auprès des personnes âgées) cesseront en juillet 2009. Elles étaient plus d’une vingtaine il y a encore quelques années.
- Il y avait 42 places en crèche familiale en 2008. Il n’y en aura plus que 30 en 2009. C’est pourtant une formule de garde des jeunes enfants appréciée des parents : accueil au domicile d’une assistante maternelle salariée de la mairie et activités régulières des enfants dans une structure collective.
- Le budget consacré à la jeunesse est toujours aussi exsangue. Par comparaison, Malakoff, qui a un budget un peu supérieur au nôtre, consacre deux fois et demie plus de crédits à ses jeunes que nous et Issy-les-Moulineaux, sept fois plus avec un budget global triple du nôtre.
Voilà la vérité du budget 2009. Elle est écrite dans les chiffres !
D’autres solutions existaient. Elles nécessitaient des choix différents.
1) Réduire les dépenses inutiles. Par exemple le budget de l’information, communication, publicité, est près du double de celui de la ville voisine de Malakoff (634 000 contre 377 000). Il faudrait examiner de près les dépenses d’Arc de Seine. Le rapprochement des 5 communes dans l’agglomération n’a pas supprimé des doublons et des dépenses exorbitantes. J’avais signalé celles des illuminations de fin d’année : près de 1 million d’euros.
2) Une politique du personnel dynamique qui ne consiste pas uniquement à réduire les effectifs. Il n’est pas normal d’entendre dire que « les cadres C n’ont pas besoin de formation » ou que l’examen du remplacement ou non des départs à la retraite se fera « le moment venu ». Associer au plus près les personnels à la définition et aux résultats de leur travail, c’est un gage d’efficacité de l’action publique.
3) Développer des partenariats public/privé sur la base de l’intérêt général, et pas sur les propositions de quelque promoteur immobilier, comme cela avait été le cas lors du premier projet « Cabourg ». La ville de Vanves possède encore quelques réserves foncières, en particulier rue Aristide Briand. On aimerait savoir quels sont les projets de la municipalité. La préparation du futur plan local d’urbanisme en fournit l’opportunité.
4) Elargir nos partenariats. La prochaine fusion des agglomérations Arc-de-Seine et Val-de-Seine (Boulogne-Billancourt et Sèvres) se fait sur une base essentiellement politique, les maires de toutes ces villes ayant la même couleur. La logique voudrait que Vanves se rapproche de Paris, comme le Maire l’avait fait en accueillant la première conférence métropolitaine. Qui peut nier que la résolution de nos problèmes n’est pas étroitement liée avec ceux de la capitale ?
Vanves connaît, comme la plupart des collectivités, des difficultés qui tiennent à la fois aux conséquences de la crise (les besoins de la population croissent) et au désengagement de l’Etat. Plus de démocratie participative, plus de cohésion sociale, plus de justice dans la répartition des efforts, voilà ce que nous demandons, sans être sûrs d’avoir été entendus.
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