Depuis 2007, la protection de l'enfance relève de la responsabilité totale du Département. En séance publique, vendredi dernier - les séances sont accessibles sur le site du conseil général: www.hauts-de-seine.net - je suis longuement intervenu sur cette question.
A l'occasion de l'examen de la décision budgétaire modificative de fin d'année, la majorité de droite propose de diminuer de 7 millions d'euros l'enveloppe prévue pour l'hébergement des jeunes en difficulté placés par le juge. Il est écrit dans le rapport que cette baisse est liée entre autres aux efforts de prévention réalisés au sein des familles. Je constate, au regard des chiffres des années précédentes, qu'il n'en est rien. La situation s'est même sensiblement aggravée.
Le nombre d'enfants faisant l'objet d'une information préoccupante, c'est-à-dire, d'enfants qui peuvent être considérés en danger, est passé de 3015 en 2009 à 3994 en 2010, soit une augmentation de 25 % !
Face à cela, les actions éducatives auprès des familles sont en baisse: 5860 en 2007, 5355 en 2010. Les actions éducatives préventives ont été divisées par 4 depuis 2005. (extraits du projet de schéma départemental de prévention et de protection de l'enfance et de la jeunesse en cours d'élaboration). Les mesures d'accompagnement en économie sociale et familiale ont concerné 3 enfants en 2009, 7 en 2010 ! Les moyens consacrés à l'accueil des enfants en difficulté, notamment dans les MECS (Maison pour enfants à caractère social) sont passés de 98 millions d'euros en 2008 à 92,5 en 2010, alors que les besoins sont considérables. Dans notre département, plus de 800 mères avec de jeunes enfants sont sur les listes d'attente d'un hébergement ! On ne peut, devant ces situations dramatiques auxquelles les travailleurs sociaux sont confrontés, qu'être scandalisé par les termes du rapport: " Le choix de notre assemblée et les efforts de gestion réalisés permettent d'aboutir à cette substantielle économie alors même que le nombre de bénéficiaires et que les conditions d'accueil se sont améliorées."
Notre département, qui est un des plus riches de France, a les moyens de lutter contre cette grande précarité. En 2010, il a enregistré des rentrées supplémentaires qui lui ont permis d'augmenter l'autofinancement de 22 millions d'euros et de diminuer l'emprunt prévu en début d'année de 83 millions d'euros, autant de sommes qui auraient pu être utilisées à satisfaire les besoins sociaux de nos concitoyens les plus défavorisés.
Ce qui est grave, c'est que les actions de prévention qui ne se font pas, ont des conséquences terribles sur l'avenir de ces enfants. J'ai rappelé, dans un silence troublant de notre assemblée, que 7 % des jeunes de l'aide sociale à l'enfance obtiennent le bac, contre 72 % de la population générale, et que, seul 1 % des enfants confiés poursuit des études supérieures...